Chez Madame Irma
Tu avances à pas de loup
Tu hésites encore
Tu as pris un rendez-vous
Hier ça n’allait pas très fort
Tu n’es plus qu’à quelques mètres
Ton cœur bat très fort
Quelqu’un peut te reconnaître
Que lui diras-tu alors
Même si chez Madame Irma
Tout le monde y va
Qu’on s’y sent comme chez soi
Faut pas l’ crier sur les toits
La dernière fois tu m’as dit
Qu’elle parlait du chat
Or ça me fait du souci
Car nous n’avons plus de chat
Je ne veux pas y aller
J’ai peut-être tort
Si mon av’nir est tracé
Je préfère les remords
Même si chez Madame Irma
Tout le monde y va
Qu’on s’y sent comme chez soi
C’est que chez soi ça va pas
Les cartes les lignes de la main
Elle maîtrise tout
Y a même des clients roumains
Les gens viennent de partout
De Paris à Tombouctou
Tous les Marabouts
Sont peut-être un peu jaloux
Après tout moi je m’en fous
Même si chez Madame Irma
Tout le monde y va
Qu’on s’y sent comme chez soi
Je préfère rester chez moi
La momie de Lénine
Il paraît qu’Oncle Sam
Fait la tournée des usines
Qu’il fait la une des magazines
Et qu’il se pâme
Dans les bras de gamines
Des petites filles d’Hô Chi Minh
Sosies de Taiwan au Viêt-Nam
Les mêmes en Chine
Faut-il ressortir de la naphtaline
La momie de Lénine
Il paraît qu’Oncle Sam
Carbure dans sa limousine
Mais quand il manque de gazoline
Tonton s’enflamme
A coup de chevrotine
Contre les derniers muezzins
Et leurs dealers qu’il assassine
Sans états d’âme
Faut-il ressortir de la naphtaline
La momie de Lénine
Il paraît qu’Oncle Sam
Aurait parfois mauvaise mine
Qu’il se shoot’rait aux vitamines
Et à la came
Si sa santé décline
Que le monde qu’il embobine
Se rembobine et qu’il proclame
La vieille doctrine
Faudrait ressortir de la naphtaline
La momie de Lénine
L'affiche
C’était pas un Rubens
Mais depuis ces années
Je m’étais habitué
A ces trois personnages
J’ai perdu les portraits
Car elle a décroché
Ces chanteurs de passage
Ferré Brel et Brassens
La lumière du plafond
Dessine les contours
De notre ancien amour
Il reste une cicatrice
Sur le mur du salon
Il n’y a plus l’affiche
C’est un cadre sans tableau
Le papier peint prend l’eau
Monsieur est mort demain
Puis il s’effondrera par terre
C’est dans quatre jours qu’on l’enterre
Des mots étaient sur du papier
Peut-être des formalités
A-t-il écrit un testament
Enterrez-moi civilement
Avant de tomber en arrière
A l’envers
Et nous ne nous doutons de rien
Ce soir
Il a l’air si serein
Il a l’air si serein
Ce soir
Monsieur est mort demain
Puis il s’effondrera par terre
Comment monsieur a-t-il pu faire
Il était très bien habillé
Peut-être était-ce calculé
A-t-il placé sa gueule en face
Une dernière fois devant la glace
Coiffé ses cheveux en arrière
A l’envers
Refrain
Puis il s’effondrera par terre
Pourquoi il s’est foutu en l’air
Les yeux paraissaient grand ouverts
Peut-être qu’il n’a pas souffert
A-t-il hésité un instant
Lorsqu’est arrivé le moment
De rapprocher son revolver
A l’envers
Refrain
Madame pipi
Sans vouloir jouer les balourds
Je suis obsédé
Par cette belle de jour
Qui me fait rêver
Je ne sais si les discours
Ni même les bouquets
Ni même mes allers-retours
Peuvent l’amadouer
Pourtant j’attends cet instant
Pour lui révéler
L’envers de mes sentiments
Toute la vérité
Madame vous êtes si jolie
Ma vie est moins terne
Votre sourire éclaircit
Ma triste lanterne
Madame vous êtes si splendide
Une pure beauté
Ma vie sans vous serait vide
Et sans intérêt
Madame Pipi je vous aime
Jusqu’à la folie
Vous êtes mon chou à la crème
Mon petit rubis
Madame Pipi
Madame Pipi
Madame Pipi
Madame Pipi
Au bout d’une ruelle étroite
Vous apercevez
Un endroit un peu spartiate
Mais bien fréquenté
On croise des hommes en cravate
Qui ont l’air pressés
D’autres y traînent leurs savates
Pendant la journée
Ma prostate se dilate
Rien que d’y penser
Et moi comme un automate
J’y vais sans arrêt
Refrain
Je pose dans l’assiette plate
Une pièce de monnaie
Mais mon visage écarlate
Trahit mon secret
Le lieu semble inadéquat
Pour se dévoiler
Je regagne mes pénates
Le cœur prisonnier
Pourquoi ne suis-je télépathe
Pour lire ses pensées
Trouver le choix dans la date
Pour lui avouer
Refrain
Je ne sais combien de jours
Tout ça va durer
Et je traîne comme un vautour
Autour des WC
J’envisage depuis toujours
D’un jour l’enlever
Mais je n’ai pas la bravoure
D’un preux chevalier
Mon Dieu Mon Dieu au secours
Je suis fatigué
Par cet impossible amour
Madame est mariée
Refrain
Panorama
Des éclaboussures
Que la mer renvoie
Des hydrocarbures
Que le ciel reçoit
Où des mouettes impures
Flamboient
Le jour se fissure
Au dessus des toits
L’ombre clair-obscur
De la ville se noie
Ça a de l’allure
Je crois
Et la mer se terre
Sous le belvédère
Y a de l’agitation en l’air
Des petites verdures
Puis des petits bois
Des petites voitures
Des voiles et des mats
Au dessus des murs
J’ai froid
Un fort miniature
Un phare en éclats
Et la mer murmure
Posée sur les toits
Et la mer murmure
J’ai froid
Y a un courant d’air
Sur le belvédère
Y a de l’agitation en l’air
Y a un courant d’air
Sur ce bloc de pierre
Et je reste assis par terre
Isabelle
Ce soir je pense à elle
A ma petit’ saut’relle
Où est cette inconnue
Que j’ai un jour connue
Comment s’appelle-elle
Chérie mademoiselle
Ou bien madame Untel
Ou maman Isabelle
Les souvenirs s’ rembobinent
Et des imag’s défilent
Les souvenirs ruissellent
C’est trist’ comm’ du Ravel
Au début c’est mimi
C’est Paul et Virginie
On s’aim’ fifty-fifty
On s’aim’ urbi orbi
Mais un jour le gri-gri
N’est plus qu’un confetti
L’amour fait flagada
Et on sait pas pourquoi
Terminus court-circuit
On s’ dit non pour la vie
Ca fait pili-pili
Et nos rêv’s font cui-cui
On s’ traîne comme un pingouin
Comme un vieux zeppelin
On n’est qu’un vieux machin
On fait plus le malin
On oublie les je t’aime
En s’ pétant la cervelle
A coup d’ gnol’ de tranxène
Dans les bars à sirènes
Cett’ romance sans nuance
J’étais con quand j’y pense
D’ mettr’ mon cœur en viager
Sur les branches des rosiers
Ce soir je pense à elle
A ma petit’ saut’relle
Où est cette inconnue
Que j’ai un jour connue
Il n'y a plus rien
Y avait des avions
Des petits camions
Des petites voitures
Des trains miniatures
Des soldats en toc
Des trucs en plastoc
Des guerres pour de faux
Avec des robots
Y avait des Tintin
Des tentes d’Indiens
Des prises de judos
Dans des kimonos
Des bateaux pirates
Cachés dans des boîtes
Des n’importe quoi
Des j’m’en souviens pas
Il n’y a plus rien
concert à SEES